28 juin 2004
Comment améliorer le pas avec un jeune cheval ?
Le jeune cheval, s'il a été correctement débourré, avance d'un pas
libre, dans un équilibre horizontal, la nuque relativement basse, dans
une attitude ouverte.
Il accélère au moindre mouvement de son
cavalier, s'inquiète facilement, peut se bloquer, dévie souvent de sa
ligne, se contracte au passage des coins.
Le dos du jeune
cheval manque encore de force : il est impératif de muscler et de
relaxer ce lien entre arrière et avant-main.
Le cavalier va devoir
rassurer, régulariser et équilibrer le cheval en cherchant à obtenir
puis à développer la flexibilité de la colonne vertébrale du cheval. Ce
travail se fait au pas.
Le cheval juste, droit sur la ligne droite, épouse parfaitement la courbure du cercle, quel que soit le diamètre de celui-ci.
Chaque coin est un quart de cercle.
Le jeune cheval ne s'incurve pas naturellement au passage des coins. Il faut le lui apprendre.
Le passage des coins
Pour incurver le cheval, procédez de la manière suivante :
> Décollez les épaules du cheval de la paroi dans la ligne droite en gardant vos rênes égales et en tournant légèrement vos épaules vers l'intérieur, (un soupçon d'épaule en dedans) .> En abordant le coin utilisez les aides d'incurvation.
- Donnez le pli avec la main intérieure en l'écartant un peu.
- Entraînez l'épaule extérieure du cheval vers le coin en écartant la main extérieure vers le mur, en contact bien net avec la bouche du cheval. Attention, maintenez en même temps le pli en gardant le bout du nez du cheval vers l'intérieur par la rêne intérieure.
- Tapotez simultanément avec la badine sur l'épaule intérieure du cheval.
- Favorisez le pli et activez le cheval en agissant avec la jambe intérieure bien à la sangle.
- Empêchez les hanches de fuir à l'extérieur en les contrôlant avec la jambe extérieure plus ou moins en arrière.
- Gardez votre buste parallèle aux épaules du cheval, le poids bien réparti sur les deux fesses.
Tout est affaire d'équilibre et de tact.
Maintenez les aides sans toutefois exercer de force qui contracterait le cheval. L'action de la main extérieure se fera, sans perdre le contact, de façon discontinue.
Le cercle au pas
Le travail sur le cercle est la suite logique. Si chaque coin est un quart de cercle… le cercle comporte 4 coins !
Conservez les aides d'incurvation et travaillez sur des cercles, beaucoup de cercles. L'essentiel est de bien garder le cheval dans le canal des aides. Pour cela, n'hésitez pas, au début, avec un jeune cheval, à travailler les mains nettement écartées.
Conservez
sur un cercle donné, la même incurvation du début à la fin. Il est
impossible de relaxer, de cadencer, de mettre en place un cheval si le
cercle est incertain, mal dessiné. Si les paramètres changent
constamment pour le cheval, il va se durcir, se tordre, se retenir ou
s'agiter selon son caractère.
L'amélioration du pas commence par-là : la justesse et la géométrie rigoureuse des figures en particulier pour le cercle.
Peu
à peu le cheval va se relaxer, se libérer au pas. Le placer va devenir
possible, l'encolure se fixer et l'arrière-main s'activer. Un début de
cadence naîtra : voltes, demi-voltes, serpentines,
diagonales…permettront de maintenir et de renouveler l'attention du
cheval.
Travail de deux pistes, travail à pied, allongements, transition, travail en extérieur, arrêts et reculers amèneront très progressivement votre cheval au pas rassemblé puis au pas d'école
L'épaule en dedans et l'appuyer
Le passage du coin, le cercle et l'épaule en dedans sont une même famille.
L'épaule en dedans en assouplissant, en abaissant les hanches, en
plaçant et en relevant l'avant-main, assouplira, décontractera et
soumettra le cheval au pas.
Elle est un moyen incontournable pour obtenir un bon pas.
Avec toute la progressivité nécessaire, n'hésitez pas à utiliser la gamme complète du travail de deux pistes (épaules en dedans, appuyers, dans toutes les variations possibles) .
Si vous exigez trop, trop durement, trop souvent, vous découragerez votre cheval, le contracterez et finalement bloquerez ses progrès au pas comme ailleurs.
En revanche, l'adhésion et la relaxation de votre cheval vous permettront de vous rapprocher de l'idéal recherché.
Le travail à pied
Parallèlement le travail à pied bien conduit, facilitera l'amélioration du pas : sans le poids du cavalier (important pour le jeune cheval) il permet de placer, de relaxer, de passer les coins dans le bon pli, d'engager le cheval dans l'épaule en dedans, d'obtenir une cadence.
Les allongements
Jusque-là vous vous contentiez de laisser, entre les exercices ou sur la ligne droite, le cheval allonger son pas librement, nuque ouverte, pour se relaxer musculairement et psychiquement.
Lorsque le cheval maintient sans difficulté un placer correct, un pas actif et relaxé, il est temps de solliciter plus souvent des variations dans l'allure.
Demandez alors des allongements au pas de façon progressive :
Augmentez d'abord la vibration du pas (plus d'énergie, de placer, de relaxation, d'écoute du cheval) et le degré d'impulsion.Ne cherchez pas à pousser fort avec vos jambes pendant l'allongement : concentrez-vous plutôt sur la préparation de l'allongement. Votre cheval doit garder la nuque fléchie, rester rond, tout en allongeant plus ou moins l'encolure.
Avancez votre contact vers l'avant et le bas.
Descendez votre ceinture vers l'avant et le bas.
Accompagnez avec vos jambes relaxées en agissant alternativement jambe droite/jambe gauche ( jambe gauche lorsque l'antérieur droit du cheval avance).
Les transitions
La qualité d'une allure ou d'un exercice conditionne toujours la qualité de l'allure ou de l'exercice suivant. La qualité du pas est par conséquent essentielle : elle détermine directement la qualité du trot ou du galop qui va suivre.
Travaillez souvent, aussi bien les transitions montantes (pas/trot, pas/galop) que descendantes (trot/pas, galop/pas). Elles sollicitent l'intérêt de cheval qui doit rester actif, disponible et exigent de lui rectitude et soumission.
Dans les transitions, veillez à ce que :
Le cheval garde la même sérénité, la même disposition mentale.Là encore le secret est dans la préparation et dans le tact du cavalier.
La transition reste fluide
La nuque du cheval reste toujours à la même hauteur, dans le même placer…sans être figée cependant.
L'équilibre général reste le même.
Vos actions de buste, de mains et de jambes ne soient jamais dures mais liantes, relaxées.
Le pas en extérieur
Votre
cheval continue « d'apprendre » à marcher, à se rassembler, à se
soutenir. Vous travaillez avec réflexion et application. Vous essayez
de sentir, d'être précis, léger.
Mieux vaut d'abord suivre un cheval avec un pas bien cadencé.
Sur le plat d'abord, puis en terrain varié, avec des déclivités.
Au
début votre cheval aura du mal à suivre son compagnon. Son pas sera
irrégulier, parfois hésitant. Avec le travail, en manège et en
extérieur, les progrès seront rapides.
Soyez très attentif : ayez toujours votre cheval juste, correctement incurvé.
Cherchez, le plus souvent, à le mettre bien dans la mise en main, même en extérieur.
Veillez à la régularité, à la cadence des battues.
Bref
continuez à éduquer son pas…et sachez aussi, par moment, le laisser
totalement libre, se servir de son balancier, étendre son encolure,
rênes semi-longues…en un mot promener, se changer les idées.
L'arrêt au pas
Avec le très jeune cheval, demandez simplement un début d'immobilité, dans le calme, le long de la paroi.
Demandez ensuite l'arrêt dans la position de l'épaule en dedans, le cheval étant plus engagé de l'arrière-main.
Toujours
au pas vous confirmerez ce début de rassembler dans l'arrêt en doublant
et appuyant vers le grand côté : arrêtez en arrivant à la paroi.
Pour arrêter, procédez de la manière suivante :
Augmentez la vibration du pas.Plus tard l'éperon viendra confirmer ce contact et permettra de conserver l'engager des postérieurs.
Grandissez votre buste jusqu'à la nuque, baissez vos épaules, sortez l'estomac.
Fermez les doigts sans dureté.
Grâce à l'action du buste les mains vont très légèrement remonter.
Gardez les jambes en contact.
Lorsque le cheval est arrêté, jouez doucement avec vos doigts pour relaxer la mâchoire et la nuque du cheval.
Pour repartir au pas, ouvrez les doigts, les jambes moelleusement au contact, en cédant avec votre buste.
Soyez peu exigeant au début. Demandez peu à peu un engagement plus prononcé en activant l'arrière main, un arrêt plus long et bien cadré. Variez le lieu des demandes et les exercices précédant ou suivant l'arrêt.
Le reculer au pas
C'est toujours du pas…mais en arrière.
Lorsque
l'arrêt est cadré, moelleux, le cheval droit, léger, la nuque relaxée,
la mâchoire liante, le cheval est prêt à reculer.
Procédez de la manière suivante :
Donnez une très légère et très brève indication des jambes.Le cheval amorce un pas en arrière, relâchez, récompensez…
Dégagez un peu votre assiette en amenant d'un soupçon votre buste vers l'avant.
Soutenez un peu vos poignets, fermez les doigts un instant.
Recommencez et augmentez progressivement vos exigences. Lorsque le cheval recule, les aides cessent pratiquement. Accompagnez simplement avec vos doigts et contrôlez la rectitude. Tout est affaire de nuance, d'équilibre de votre buste.
Le bon reculer possède les qualités d'un bon pas : régularité, battues égales, cadence, légèreté.
La nuque reste à la même hauteur. Le cheval est droit, les hanches sont contrôlées.
Un petit conseil qui dervrait intéresser quelqu'un ;-)
Mon cheval trottine
J'ai un jeune cheval de six ans.
C'est un inquiet qui a du mal à tenir le pas : il trottine énormément.
Si je travaille un exercice d'assouplissement ( hanches à l'extérieur, épaules en dedans, cession à la jambe,…) je n'arrive pas à garder le pas malgré des actions de jambes et de mains très douces, accompagnées d'une assiette décomposant chaque foulée du mouvement.
Pouvez-vous m'aider ?La première chose à faire est de détendre correctement votre cheval en longe avant de le monter.
Commencez ensuite votre séance par le travail du trot avant d'aborder le pas.
Si le cheval persiste à trottiner soyez un peu moins exigeant dans la "mise en main" du cheval et travaillez-le la nuque un peu plus basse afin de le détendre.Ne restez pas trop longtemps au pas : chaque cheval a une dose de pas qui lui convient. Certains chevaux s'endorment, d'autres, comme le vôtre, s'impatientent et trottinent.
Ce sont en général des chevaux près du sang, réactifs, généreux et de tempérament fougueux.Entrecoupez vos exercices par de fréquents temps de pas rênes longues.
Avec du tact, de la patience et une organisation de vos séances plus compatible avec son caractère, vous devriez résoudre ce problème.
Comment améliorer le trot d'un jeune cheval ?
Le jeune cheval, perturbé par le poids du cavalier, trotte le plus souvent irrégulièrement, dans un équilibre horizontal, nuque plutôt basse, dans une attitude ouverte, angle tête/encolure ouvert. Il creuse son dos, accélère ou se retient au moindre mouvement du cavalier, s'inquiète facilement, dévie souvent de sa ligne, s'infléchit vers l'extérieur au passage des coins.
A ce stade votre objectif principal sera de muscler le dos et le rein du cheval, d'éviter les précipitations d'allures, d'obtenir des foulées de trot régulières, larges, bien encadrées dans le canal des aides.
Le travail à la longe est le meilleur moyen pour commencer à muscler, décontracter et équilibrer le cheval au trot, pour régulariser son trot dans une attitude juste, confortable pour lui.
Le travail à la longe au trot
Les leçons de longe sont aussi importantes pour le dressage du cheval que les leçons montées.
Le cheval sera d'abord longé quelques minutes à chaque main, au trot, librement afin de se détendre et de se réveiller musculairement.
Attention ! La longe n'est jamais attachée aux anneaux du mors mais toujours à la muserolle, au caveçon ou à une alliance afin d'éviter toute blessure de la bouche du cheval lors d'éventuels sauts de gaîté.
Puis
il sera enrêné avec de simples rênes fixes en cuir souple, fixées
latéralement au surfaix ou à la sangle, juste en dessous des quartiers
de la selle, et aux anneaux du mors de filet.
La rêne fixe du coté intérieur du cercle sera plus courte de quelques centimètres afin d'incurver le cheval sur le cercle.
Le
réglage des rênes fixes doit permettre de placer le cheval au simple
poids du cuir, chanfrein pratiquement à la verticale. Le cheval doit
pouvoir, dans une attitude proche du placer, conserver une marge de
liberté sans jamais être coincé ni faire de force contre les rênes.
Le cheval est bien encadré entre la main (la longe) et les jambes (la chambrière, l'aide de propulsion). La main contrôle par de légères vibrations sur la longe, la chambrière détermine et règle l'impulsion par des actions discrètes, précises et parfaitement maîtrisées.
Travaillez entre cinq et dix minutes (selon l'énergie, la musculature, l'entraînement du cheval) à chaque main en cherchant avant tout, la régularité du trot, la constance de l'impulsion, Demandez progressivement le plus d'impulsion possible compatible avec la relaxation du cheval.
De temps en temps, consacrez une séance entière au travail du trot à la longe.
Commencez
presque systématiquement vos séances par un bon travail (une vingtaine
de minutes) bien soigné, en longe au trot, libre puis enrêné en
essayant de sentir le rythme qui convient à votre cheval.
Ce travail en longe a permis à votre cheval de renforcer sa musculature, de tendre sa colonne vertébrale, de régulariser son trot et de trouver son équilibre sans le poids du cavalier.
Le trot enlevé
Monté, le jeune cheval manque encore de force, il ne peut soutenir son dos bien longtemps ; il se durcit vite au trot. Le travail au trot se fait donc d'abord et essentiellement au trot enlevé, ce qui soulage le dos du cheval un temps sur deux, assurant le confort du cheval et du cavalier.
Encore faut-il savoir trotter enlevé, souplement et en équilibre.
Voici comment procéder pour trotter enlevé sur le diagonal gauche :
Réglez vos étriers légèrement plus court, un à deux trous.Vous devez garder la même inclinaison du buste, le même équilibre et le même rythme à chaque foulée. C'est indispensable pour ne pas déranger le cheval dans son trot.
Ajustez vos rênes un peu plus court.
Inclinez légèrement votre buste vers l'avant et laissez-vous soulever de la selle quelques centimètres par le diagonal gauche (par exemple) du cheval en prenant appui sur les étriers, la jambe fixe (entre le genou et le talon), le talon descendu, bien placé à la verticale des fesses, des ischions.
Laissez-vous retomber doucement dans la selle au moment ou le diagonal gauche reprend contact avec le sol.
Enlevez-vous de nouveau moelleusement lorsque le même diagonal s'enlève à nouveau.
Conservez le même contact avec la bouche du cheval, les rênes moelleusement ajustées, sans bouger la main.
Si le trot est ample, très énergique, le buste est plus incliné vers l'avant. En revanche, il se rapproche d'autant plus de la verticale que le cheval se rassemble.
Sur une
courbe, au passage d'un coin ou sur un cercle, (à droite par exemple),
le diagonal extérieur fait plus de chemin que le diagonal interne.
En
vous enlevant sur le diagonal extérieur gauche, vous provoquez une très
légère avance de ce diagonal gauche et lui permettez donc de faire plus
de chemin que le diagonal interne pendant le même laps de temps. Votre
cheval va pouvoir conserver le même rythme sur le cercle.
C'est pourquoi vous trotterez toujours sur le diagonal externe pour le travail en manège et en carrière.
Lorsque
le cheval, s'équilibrant peu à peu, trotte avec régularité, le cavalier
commence à s'asseoir dans sa selle, son rein suivant harmonieusement le
mouvement du cheval.
Dés que le jeune cheval se retient un peu, le
cavalier revient au trot enlevé avant que le dos du cheval ne commence
à s'affaisser.
Le trot assis
Le cavalier s'assied moelleusement :
· Les deux ischions restent en contact avec la selle, sans se déplacer.En résumé le relâchement des jambes, des genoux, des mollets déterminera l'assiette moelleuse, la souplesse du rein, la position du haut du corps et le contact avec la bouche du cheval.
· L'assiette doit simplement aller avec le mouvement, de façon passive, sans chercher à pousser le cheval par des mouvements de bassin qui n'entraîneraient que gêne et contraction pour le cheval.
· Le nombril est poussé vers l'avant (et non projeté à chaque foulée), le rein restant souple, plat ou très légèrement cambré, selon la morphologie de chacun.
· Les jambes tombent naturellement, angle cuisse/tronc très ouvert. Elles restent relâchées, c'est capital. Si les jambes, les genoux ou les mollets se serrent en se durcissant, le cavalier sautera dans la selle, durcira son dos, ses épaules et bougera ses mains.
· Le buste reste proche de la verticale, relâché sans raideur (c'est impossible si les jambes restent serrées !), rein simplement soutenu, épaules basses.
· Les bras semi-fléchis, tombent naturellement.
· Les mains restent immobiles, avec le moins de mouvement possible, dans un espace compris entre le garrot du cheval et le nombril du cavalier.(c'est impossible si les jambes restent serrées)
Votre attitude déterminera l'équilibre, l'amplitude, le rythme et la relaxation du trot de votre cheval.
La recherche de la cadence
Chaque cheval a sa cadence de trot. Le plus difficile est de trouver le rythme juste.
La cadence est juste lorsque le cheval se déplace avec facilité, dans une attitude stable et équilibrée, à la fois actif et relâché. Le cheval se sent bien, travaille avec plaisir, le cavalier est décontracté, stable et peut travailler sans fatigue.
Pour trouver le rythme juste, rechercher d'abord la meilleure attitude possible pour le cheval : plus ou moins placé, nuque plus ou moins haute, degré de ploiement dans les courbes confirmé…
A vous de sentir et de choisir l'équilibre à donner à votre cheval.
Commencez
par une impulsion minimale, allez à l'essentiel : la décontraction du
trot. Le cheval étant en place, décontracté, augmentez progressivement
l'impulsion. Lorsque des contractions apparaissent, que l'équilibre est
rompu, c'est que votre exigence d'impulsion est trop forte.
Retrouvez alors le degré d'impulsion nécessaire.
Lorsque votre cheval se sent bien, ne modifie en rien son équilibre, son impulsion et son attitude sur les cercles, les changements de courbure, que vous soyez enlevé ou assis, vous avez trouvé la bonne cadence, celle qui convient à votre cheval.
Vous pouvez le vérifier en pratiquant descentes de mains et descentes de jambes. Le cheval doit être capable de soutenir son trot sans votre intervention.
Le perfectionnement du trot
Séance après séance, le cheval développe le cadence, l'amplitude et la rondeur de son trot.
Vous
soignerez particulièrement le travail sur le cercle, la volte, le
passage des coins, les changements d'inflexions sur les serpentines.
Les épaules en dedans et les appuyers (exécutés avec tact,
avec justesse, dans le souci de la cadence, de la décontraction, en
variant les situations : tête au mur, croupe au mur, contre changement
de main de deux pistes, hanches en dedans et en dehors) sont des outils
formidables pour confirmer et développer le trot jusqu'au trot
rassemblé.
Le trot en extérieur
Par ailleurs, n'hésitez pas à travailler le trot en extérieur, sur un bon terrain, plat ou légèrement vallonné. Soyez très attentif : gardez le cheval dans la mise en main, dans un pli juste, en équilibre. Veillez à la régularité de son trot, à sa relaxation.
Si votre cheval reste en équilibre et conserve sa cadence, sans accélérer, laissez-le libre par moment, rênes semi-tendues.
Beaucoup de cavaliers trottent assis en extérieur. Quelle erreur !
Ils se fatiguent inutilement et surchargent le dos de leur cheval. Le trot enlevé, en revanche, libère davantage le cheval et permet des temps de trot plus long, cavalier bien en équilibre au dessus de ses appuis (les étriers),buste plus ou moins incliné en avant selon le rythme du déplacement, les mains facilement fixes.
Une autre erreur commune est de trotter trop vite, trop longtemps, parfois même en extension.
Un cheval généreux va finir par creuser son dos, ruiner ses jarrets ou abîmer ses articulations.
Là
encore vous trouverez la cadence juste ; trottez, certes avec un peu
plus d'amplitude, un peu plus énergique mais toujours en équilibre avec
un geste rond et facile.
31 mai 2004
Le débourrage
L'approche
Dès
son plus jeune âge, le cheval doit être habitué à l'homme. L'éleveur ou
le propriétaire doit régulièrement le rendre visite pour le voir,
l'habitué à sa présence, le caresser et le nourrir à la main. Il faut
aussi que le poulain s'habitue à porter un licol.
Cette première
étape est importante pour la suite du débourrage puisque le poulain
doit garder un bon souvenir de l'homme pour qu'il soit plus facile et
plus agréable ensuite à manipuler.

Le travail en main
Une
fois que le poulain connaît l'homme, il doit apprendre à marcher à ses
côtés et à reconnaître quelques ordres simples mais brefs comme "en
avant" ou "holà". Mais cela peut occasionner quelques difficultés chez
le poulain: il peut s'obstiner à tirer au renard. Ce comportement peut
se résoudre grâce à la mère du poulain qui suit l'homme sans problèmes.
Lorsque le poulain obéit parfaitement à son meneur, qu'il s'arrête
quand on le lui demande, qu'il va dans toutes les directions et,
surtout, qu'il adapte son pas à celui de l'homme, il est prêt pour le
travail à la longe.

Le travail à la longe
Cette
phase demande une bonne expérience parce qu'il s'agit d'un travail très
précis. Pendant les exercices, la longe ne sera si trop tendue, ni trop
lâche, et le longeur se tient toujours un peu en retrait par rapport à
l'épaule du cheval. Le licol est remplacé par un caveçon et le cheval
est placé sur un rond de sable d'une dizaines de mètres de diamètre.
D'abord au pas, au trot puis au galop, avec de nombreuses transitions,
le cheval doit peu à peu se détendre et obéir aux ordres du longeur.
N'oubliez pas de le récompenser après une action correcte et d'adapter
le travail en fonction de la progression du niveau du cheval.

La selle
Évidemment,
la première fois, le poulain n'apprécie pas beaucoup qu'on lui bloque
plus ou moins la respiration avec une espèce de harnachement dont il ne
comprend pas l'utilité ... Pour y aller en douceur, plusieurs méthodes
sont possibles.
Certains utilisent un surfaix que le cheval porte
directement dans son box pour s'accoutumer de sa présence autour de son
poitrail. Progressivement, le surfaix sera serré, chaque fois un peu
plus. Certains professionnels sont plus direct et pose la selle
directement. Il faut toujours agir en douceur et apaiser le cheval
anxieux.

L'embouchure
Sentir
un mors froid dans la bouche ne doit pas être une sensation agréable...
D'autant que la commissure des lèvres et des barres sont très sensibles
et se blessent facilement, il faut le savoir. On ajoute d'abord le
bridon, sans mors ni muserolle. Cette opération est répétée plusieurs
fois jusqu'à ce que le cheval ne rechigne plus.
Ensuite et seulement, on pourra lui enfiler le mors. Une astuce
consiste à recouvrir le mors de miel pour que le cheval ouvre la bouche
plus facilement. Pour ne pas abîmer la bouche du jeune cheval, on
préfère utiliser un mors en caoutchouc, plus doux et moins froid.
La leçon du montoir
Une
fois qu'il a adopté tout le harnachement, le jeune cheval, âgé d'au
moins trois ans pour que sa musculature soit "faite", est enfin prêt à
être monter. Là encore, il faut y aller très doucement.
C'est
pendant le travail à la longe que un cavalier léger se hisse sur le dos
du cheval, la tête d'un côté, les pieds de l'autre, comme un sac à
patate. Pendant plusieurs tours, il reste appuyé sur le ventre, les
jambes ballantes pour pouvoir sauter rapidement au cas où le cheval
réagirais de façon violente.

Lorsque le cheval est habitué à la présence d'un poids sur son dos et
qu'il a retrouvé son équilibre, le cavalier peut passer la jambe par
dessus la croupe, en faisant bien attention de ne pas le heurter.
Pendant plusieurs tours, le cheval va à l'allure qui lui convient.

Puis, progressivement, le cheval va être lâché dans la carrière avec
son cavalier. A partir de ce moment, le cheval est débourré, il ne lui
reste plus qu'à acquérir les bases du dressage.

