31 mai 2004
L'apprentissage
Mémoire et attention.
C'est
sans doute grâce à leur mémoire phénoménale que les chevaux peuvent
apprendre tant de choses. Ils n'oublient ni les bonnes ni les mauvaises
expériences.
La mémoire:
Les
chevaux possèdent une mémoire étonnante. "Ils impriment tout et
n'effacent rien" dit Alexis Gruss en utilisant le langage informatique.
Il faut donc apprendre à tirer parti de cette mémoire, mais aussi à
s'en méfier.
Chaque souvenir est teinté d'une "couleur"
émotionnelle. Le cheval se souvient que tel exercice lui a fait peur,
que tel autre a engendré une bagarre ou encore qu'un troisième s'est
terminé sur une note agréable. Autrement dit, il associe à chaque
situation vécue une émotion, positive ou négative. Si le souvenir est
agréable, il retient bien l'exercice et sera enchanté de le refaire.
Si, au contraire, sa mémoire s'est fixée sur quelque chose de
désagréable, non seulement il l'apprendra + difficilement, mais il
rechignera à revivre la même expérience. Voilà pourquoi il est
essentiel de le caresser et de lui accorder une récréation après chaque
nouvel exercice correctement ébauché. Ainsi, l'apprentissage récent est
perçu comme agréable; le cheval y revient volontiers et progresse vite.
Les cavaliers qui sont trop exigeants, qui veulent aller trop vite et
emploient la contrainte démobilisent leur cheval et inhibent ses
capacités d'apprentissage.
L'attention:
Pour
qu'un cheval travaille bien, il est essentiel de capter son attention.
Dés que cette attention se relâche, vous perdez votre temps si vous
continuez à essayer de faire entrer quelque chose dans la tête de votre
compagnon. Accordez une récréation et reprenez le travail ensuite.
Les chevaux sont comme les écoliers. Plus ils sont jeunes et moins ils
sont capables de fixer leur attention longtemps. Les séances de travail
doivent donc toujours être très courtes et entrecoupées de pauses qui
permettent à "l'élève" de se détendre.
Les cavaliers qui
travaillent leur cheval pendant des heures ne font que le dégoûter. De
+, ils sont régulièrement obligés de se battre avec lui pour tenter de
capter son attention pendant les séances-marathon. Peu à peu, le cheval
se met à redouter le travail, trop contraignant, et, même, la simple
arrivée du cavalier. Le résultat est une progression médiocre, voire
nulle, surtout si on la compare à celle qu'on obtient si on se contente
de 15 à 20 minutes de travail par jour soutenu exécuté par petites
périodes n'excédant pas quelques minutes.
Développer ses capacités.
Il
y a mille façons d'apprendre les choses à son cheval: chaque leçon lui
"apprend à apprendre". Beaucoup de cavaliers sous-estiment les facultés
de compréhension de leur compagnon.
Renforcement positif.
Le réflexe de Pavlov, ou réflexe conditionné, est la + primitive et la moins fructueuse des méthodes d'apprentissage.
Le conditionnement par renforcement positif est déjà + intéressant. Il
consiste à favoriser l'adoption d'un comportement en attribuant à
l'animal une gratification immédiate. Ce peut être une friandise, mais
aussi une caresse, des félicitations, une récréation, le relâchement
d'une tension. Ce qui importe, c'est que la gratification survienne en
même temps que l'exercice ou dans les 2 secondes qui suivent. Le
renforcement négatif existe aussi, mais il est moins efficace. Son
principe consiste à dissuader le cheval d'adoptée une attitude donnée
en lui faisant immédiatement ressentir un stimulus désagréable:
réprobation, poursuite de l'exercice ou encore rappel à l'ordre.
Apprendre à apprendre.
Les
chevaux sont capables d'apprendre à apprendre. Autrement dit, plus un
cheval est stimulé, plus son maître lui enseigne de petits tours, plus
il est sollicité pour des exercices différents et plus il devient
"intelligent". C'est une sorte de gymnastique: en apprenant, on devient
de + en + capable d'apprendre. Il est donc essentiel de fournir à nos
montures un milieu et un mode de vie stimulants. La routine et l'ennui,
tout comme la peur, inhibent les capacités d'apprentissage.
L'imitation.
Les
chevaux apprennent beaucoup par imitation. Il est toujours bon de leur
permettre de s'inspirer d'un maître d'école, c'est-à-dire d'un cheval
âgé qui leur donnera le bon exemple. On emmène ainsi le jeune cheval en
extérieur avec un "vieux sage" qui lui sert de modèle.

Le
poulain apprend beaucoup avec sa mère, qui l'éduque et qu'il imite. La
bonne éducation et le tempérament de la jument rejaillissent beaucoup
sur les capacités d'apprentissage du poulain. Il est très utile de
manipuler souvent la mère, de la faire travailler un peu en présence du
poulain (longe, balades, marche, petits numéros faciles). Ainsi, le
poulain lui-même peut commencer son apprentissage de bonne heure...
dans la joie et la bonne humeur!
L'attachement du cheval à l'homme
Le cheval à besoin de nous!

Un
cheval que nous soignons et auquel nous consacrons du temps nous
reconnaît. De nombreux signes laissent supposer qu'il est content de
nous voir. Entre lui et nous, une relation très riche peut s'établir à
condition de ne jamais oublier que le cheval a des besoins... et des
facultés propres à son espèce.
L'éthologie: l'étude du comportement animal.
Ces
dernières années, la connaissance du cheval a beaucoup évolué. Grâce
aux recherches en éthologie, le dressage éthologique est apparu: il
tient compte des besoins physiques et psychiques du cheval. On admet
aujourd'hui que le cheval connaît la souffrance physique et mentale et
qu'il est capable d'émotions. Il est difficile d'aller plus loin, car
rien ne permet de mesurer scientifiquement les sentiments des chevaux.
Pourtant, le cavalier qui aime son cheval et qui lui accorde du temps
et de l'attention sait qu'il existe entre sa monture et lui une
affection particulière.
Il a besoin de présence!

Beaucoup
de cavalier ignore combien le cheval qui vit au box ou seul au pré a
besoin de leur présence. Si l'on compare la vie d'un cheval domestique
et celle d'un chien, on comprend combien la relation du cheval avec son
maître pourrait être améliorée. Le chien participe à la vie de la
maisonnée. On joue avec lui, on le promène. Par la simple cohabitation
avec l'homme, il est amené à comprendre de nombreux mots ou
associations de mots et à gérer des situations très diverses.
La reconnaissance de l'estomac?

Pour
les petits des mammifères, la mère nourricière a une importance
capitale. Un poulain orphelin nourri au biberon marquera un attachement
indéfectible à celui qui l'a élevé. En revanche, un cheval adulte ne
donne pas forcément sa préférence à celui qui le nourrit.
Partager de bons moments.

Pour
développer de vrais rapports avec un cheval, une heure de monte par
jour ne suffit pas. De nombreux chevaux apprécient les soins à
condition que ces moments se déroulent dans une atmosphère de bien-être
et d'échange. Le cavalier a tout intérêt à s'occuper lui-même de son
cheval avant et après le travail.
L'importance du jeu.
Le
besoin de jouer est presque aussi vital pour le cheval que le besoin de
manger ou de courir. Hélas, il est généralement oublié, et le cheval
n'a guère pour se satisfaire que le loquet de sa porte et sa pierre à
sel.
Rien ne développera une plus grande complicité entre vous et
votre cheval que des moments ludiques passés ensembles. Promenez-le
souvent en main, en lui laissant la possibilité de flairer ce qui
l'intéresse, de s'en approcher et, si possible, de jouer avec.
Laissez-le souvent en liberté au manége ou dans la carrière. Une fois
qu'il a satisfait son envie de bouger, essayer de développer des jeux
avec lui.
Tout seul!
Le
cheval passe en général 23h dans un box avec, pour tout univers, des
murs, une mangeoire et une litière. Son cavalier vient le monter 1heure
par jour et n'a pas toujours le temps de procéder lui-même aux soins.
Dans ces conditions, l'attachement du cheval à son maître se développe
peu, et le maître lui-même ne connais pas cet animal qu'il utilise.
La notion de plaisir.

Le
cheval sera d'autant + content de vous voir qu'il aura éprouvé de
nombreux plaisirs en votre compagnie. Pour que les séances de travail
ne deviennent pas une corvée, accordez-lui de nombreuses plages de
récréation. Il doit pouvoir marcher librement, brouter un peu, jouer
avec l'eau, regarder les autres chevaux.
Variez le travail et modifiez souvent vos itinéraires en extérieur.
La réciproque est vraie.
Vous
souhaitez que votre cheval vous connaisse, vous reconnaisse et vous
comprenne? Toute relation se vie à deux! Essayez vous aussi de
découvrir les 1000 signes qui font son langage. Mesurez ses
possibilités et ses limites. Remettez-vous en question souvent. Un
cheval attaché à son maître ne demande qu'a lui faire plaisir. S'il
refuse d'obéir, c'est peut-être que votre demande n'est pas clairement
formulée.
Enfin, quelle que soit l'affection que le cheval semble
manifester à votre égard, ne perdez jamais de vue qu'il n'est pas pour
autant capable de sentiments humains.
Cheval il est, cheval il reste.

Ne vous contentez pas de passer à la hâte un coup d'étrille avant de monter. Parler au cheval, caressez-le, multipliez les occasions d'échange. Vous apprendrez tous les deux à bien vous connaître. Cette compréhension mutuelle retentira sur la qualité du travail et sur la satisfaction que chacun en tirera.
30 mai 2004
Quel Tempérament?
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Savoir prédire le comportement d'un individu à partir de la
connaissance de son tempérament dès le plus jeune âge dans une
situation donnée est l'objet de recherche dont les applications sont
nombreuses. De multiples études ont été menées par exemple chez le
chien pour sélectionner les individus les plus aptes à devenir de bons
chiens guide d'aveugles. On peut imaginer la même approche pour
sélectionner les chevaux «école» qui ne doivent être ni trop peureux,
ni trop nerveux. Les cavaliers de haut niveau reconnaissent aussi que
le tempérament de leur cheval est un facteur important de réussite. En
moins de deux ans six nouvelles équipes à travers le monde ce sont
engagées sur ce thème. En France c'est l'équipe «Comportement» de
l'INRA de Nouzilly (37) qui s'est attelé à la tâche grâce à son
troupeau d'une centaine de poulains élevés dans des conditions
standardisées et suivis pendant 3 années.
Le comportement du poulain vis à vis de l'homme a été étudié sur un
groupe de 27 individus répartis en 3 lots égaux. Un lot était testé à
l'âge de 3 semaines, un second à l'âge de 12 semaines et le dernier à
l'âge 24 semaines. Le but était de pouvoir poser la main sur le
chanfrein du poulain en moins de 3 minutes. L'étude indique que plus
les poulains sont âgés moins ils se laissent approcher par l'humain.
Les résultats complets des différentes études montrent que le
comportement se met en place progressivement au cours des premiers mois
de la vie, plus ou moins précocement en fonction des individus, mais
qu'une fois que le comportement s'est installé il est stable. Cela
montre aussi qu'il n'est pas possible de prédire le tempérament du
cheval avant le sevrage puisqu'il n'est pas encore stabilisé.